Il existe différentes définitions de la notion de risque selon qu’on l’utilise dans le langage courant ou dans un domaine particulier (finance, sciences, santé, etc).Dans bien des secteurs le risque représente quelque chose de potentiel et qui, par conséquent, n’a pas d’existence concrète. Pourtant, un risque n'est pas, en réalité, la probabilité qu'un évènement donné survienne, mais la réalisation d'un évènement donné. Tout risque peut-être en outre considéré comme la confrontation entre aléas et enjeux. Cette définition s’applique particulièrement bien aux risques majeurs que l’on doit distinguer des accidents quotidiens (cf. courbe de Farmer qui permet de mettre en relation, pour le risque, la fréquence et la gravité et par ailleurs de différencier le risque acceptable du risque inacceptable).
Les risques majeurs
Les risques qualifiés de « majeurs » sont
caractérisés selon le ministère de l’écologie, de l’énergie, du
développement durable et de l’aménagement du territoire (MEEDDAT) selon deux
critères :
une faible occurrence : l'homme et la société peuvent
être d'autant plus enclin à l'ignorer que les catastrophes sont peu fréquentes ;
une gravité élevée : nombreuses victimes, dommages
importants aux biens et à l'environnement.
D'une manière générale le risque majeur se caractérise par de nombreuses victimes, un coût important de dégâts matériels, des impacts sur l'environnement. Pour Haroun Tazieff, le risque « est une menace sur l'homme et son environnement direct, sur ses installations, une menace dont la gravité est telle que la société se trouve absolument dépassée par l'immensité du désastre ».
Pour fixer les idées, une échelle de gravité des dommages a
été produite par le MEEDDAT. Ce tableau permet de classer ces événements selon une
échelle à six niveaux, depuis l'incident jusqu'à la catastrophe majeure.
|
Classe |
Dommages |
Dommages |
|
|
0 |
Incident |
Aucun blessé |
Moins de 0,3 M€ |
|
1 |
Accident |
1 ou plusieurs blessés |
Entre 0,3 M€ et 3 M€ |
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2 |
Accident grave |
1 à 9 morts |
Entre 3 M€ et 30 M€ |
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3 |
Accident très grave |
10 à 99 morts |
Entre 30 M€ et 300 M€ |
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4 |
Catastrophe |
100 à 999 morts |
Entre 300 M€ et 3 000 M€ |
|
5 |
Catastrophe majeure |
1 000 morts ou plus |
3 000 M€ ou plus |
Le risque majeur appartient donc au domaine du risque collectif et correspond à un accident avec de nombreuses victimes et/ou des dommages importants pour les biens et/ou pour l'environnement (ex : en 2001, explosion d'AZF à Toulouse, inondations dans la Somme...). Ainsi, il paraît essentiel pour la société et ses individus de s’organiser pour y faire face.
La prévention des risques passe par :
la connaissance des aléas à partir
d’outils de recueil de données, d’analyse et de cartographie ;
la surveillance et la prévision des phénomènes à
risque ;
la mise en place d’un système d’alerte des
populations
l’information et l’éducation des populations (cf. Document
d'Information Communal sur les Risques Majeurs « DICRIM ») ;
la mitigation qui consiste à réduire la
vulnérabilité des enjeux humains, financiers et patrimoniaux en prenant des mesures
adaptées (cf. aménagement du territoire, renforcement des consignes de sécurité,
élaboration de norme);
la planification de l’organisation des secours (plan ORSEC, Plan
communal de sauvegarde « PCS », etc..) ;
la prise en compte du retour d’expérience.
Les autres risques :
Il existe d’autres risques qui ne font pas partie des risques majeurs et qui font néanmoins beaucoup de dégâts ou de victimes. Ainsi, les risques de la vie courante, qui représentent près de 20 000 décès chaque année (près de 3 fois plus que les accidents de la circulation et 20 fois plus que les accidents du travail) sont à l'origine de plusieurs millions d’actes de soins médicaux chaque année en France et font l’objet d’une politique interministérielle au cœur de laquelle la sécurité civile joue un rôle central sur le plan de la prévention. Les risques incendies, qui peuvent avoir des conséquences lourdes sur l’environnement, sur l’économie, sont également du ressort de la sécurité civile.
De même, les risques sanitaires ne figurent pas dans la liste des risques majeurs. Il existe pourtant un lien de causalité évident entre les deux. En effet, toute catastrophe majeure est à l’origine d’un nombre important de victimes directes et bien souvent, par « effet domino », d’un nombre bien plus important encore de victimes indirectes (épidémies, malnutrition, émeutes, etc.), ayant inéluctablement comme conséquence un affaiblissement du système de soin traditionnel qui peut rapidement se retrouver dépasser si aucun plan de renfort n’a été élaboré en amont.